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4 janv. 2026

Bitcoin, énergie et climat : dépasser les mythes pour comprendre l’enjeu réel

Depuis des années, Bitcoin est présenté comme une aberration écologique. Trop énergivore. Inutile. Dangereux pour la planète. Le problème n’est pas le débat. Le problème, c’est la manière dont il est posé. Cet article revient, chiffres à l’appui, sur plusieurs idées reçues et propose une remise à plat honnête d’un sujet trop souvent réduit à des slogans.

Ces derniers jours, un post de Daniel Batten a relancé un débat récurrent : Bitcoin est-il une catastrophe climatique ?

Pour une fois, le débat s’appuie sur des chiffres sérieux, issus du Cambridge Centre for Alternative Finance (CCAF). Et lorsque l’on prend le temps de lire l’étude complète, le narratif dominant s’effondre.

1. Les émissions de Bitcoin : des chiffres réels, mais un ordre de grandeur souvent manipulé

Selon Cambridge, le réseau Bitcoin émet environ 39,8 MtCO₂e par an.

Dit comme cela, le chiffre peut impressionner. Mais le contexte change tout :

  • Cela représente ≈ 0,08 % des émissions mondiales

  • Le minage de Bitcoin est aujourd’hui la seule industrie mondiale pour laquelle des données indépendantes et robustes montrent qu’elle a dépassé le seuil de 50 % d’énergie durable.

À titre de comparaison, le mix électrique mondial moyen est d’environ 40 % renouvelable, et aucune autre industrie majeure ne publie de données comparables à l’échelle globale. Bitcoin constitue donc un cas unique et documenté à ce niveau.

Comme les véhicules électriques (la Chine et aux États-Unis ont généré à eux seuls 80 MtCO₂e d’émissions pour les véhicules électriques), le minage de Bitcoin n’émet pas directement de CO₂ : ses émissions sont uniquement indirectes (scope 2) et liées à la consommation d’électricité. Présenter les émissions du minage de Bitcoin sans préciser qu’il s’agit d’émissions indirectes (scope 2) et sans les comparer au système plus polluant qu’il remplace est profondément trompeur.

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2. Le vrai problème : on compare Bitcoin à… rien

L’erreur méthodologique la plus fréquente est simple : présenter Bitcoin de manière isolée sans jamais le comparer au système qu’il remplace.

Or Bitcoin n’est pas un gadget numérique. Il remplit la fonction de monnaie et a pour objectif de devenir la réserve monétaire mondiale et donc de remplir les fonctions de réserve de valeur, moyen de paiement et infrastructure de règlement final.

La comparaison honnête doit donc se faire avec :

  • le système bancaire mondial,

  • les banques centrales,

  • le réseau de paiements (SWIFT, Visa, Mastercard),

  • les data centers financiers,

  • le transport, le stockage et la sécurisation du cash,

  • et l’extraction de l’or.

Or aucune de ces industries ne publie un bilan énergétique global consolidé.

Quand on commence à les additionner, Bitcoin apparaît loin d’être l’acteur dominant.

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N.B.: le minage d’or se fait majoritairement en mines à ciel ouvert et implique déforestation à grande échelle, destruction irréversible des sols, perte de biodiversité. Une mine d’or peut déplacer des milliards de tonnes de roche pour quelques grammes d’or.

3. Un point fondamental ignoré : Bitcoin est structurellement incité à utiliser l’énergie la moins chère

Le minage Bitcoin obéit à une loi économique simple :

Le mineur le plus rentable est celui qui consomme l’énergie la moins chère, celle-ci représente à elle seule près de 80 % du coût total du minage.

Et l’énergie la moins chère est :

  • excédentaire,

  • perdue,

  • non stockable,

  • ou mal valorisée.

Résultat :

  • gaz torché,

  • surplus hydroélectrique,

  • excédents solaires et éoliens,

  • zones isolées du réseau.

Bitcoin agit comme un acheteur de dernier ressort de l’énergie gaspillée. Aucune autre industrie n’a cette flexibilité géographique, temporelle, économique.

4. Une industrie qui s’améliore (contrairement à beaucoup d’autres)

Le rapport Cambridge montre une tendance claire :

Plus de 50 % du mix énergétique du minage provient déjà de sources dites durables. Cette part augmente avec le temps

Pourquoi ?

  • pression économique (énergie verte = moins chère),

  • pression réglementaire,

  • pression sociale,

  • concurrence entre mineurs.

Bitcoin s’améliore avec le temps, là où beaucoup d’industries externalisent leurs coûts sans jamais les réduire.

5. Bitcoin ne consomme pas “par transaction” : c’est une erreur conceptuelle majeure

Autre biais fréquent : “Bitcoin consomme X kWh par transaction” -> C’est faux ! Bitcoin consomme de l’énergie pour :

  • sécuriser un registre monétaire mondial

  • garantir l’immutabilité

  • empêcher la censure

  • supprimer le besoin de tiers de confiance

Le coût énergétique ne dépend pas du nombre de transactions, mais du niveau de sécurité recherché. Comparer Bitcoin à Visa “par transaction” revient à comparer un coffre-fort à un terminal de paiement.

6. Bitcoin et stabilisation des réseaux électriques

(un impact environnemental positif rarement mentionné)

Le minage de Bitcoin possède une propriété unique parmi les industries lourdes : il est hautement flexible, interruptible et géographiquement mobile.

Concrètement les mineurs peuvent s’éteindre en quelques secondes, se rallumer instantanément, ajuster leur consommation en temps réel.

Ils agissent comme une charge de dernier recours.

Résultat :

  • absorption des surplus d’énergie (solaire, éolien, hydro),

  • réduction du curtailment (énergie renouvelable produite mais perdue),

  • amélioration de la stabilité fréquence / tension du réseau.

Plusieurs opérateurs de réseau (Texas, Canada, Scandinavie) utilisent déjà le minage Bitcoin comme outil de stabilisation, ce qui permet d’éviter la construction de centrales fossiles de secours, de lisser les pics de production intermittente.

Aucune autre industrie énergétique n’offre cette flexibilité à grande échelle.

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7. Réduction de la facture d’électricité (effet contre-intuitif mais réel)

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle Bitcoin « fait monter les prix de l’électricité », les données montrent souvent l’inverse dans les zones bien régulées.

Le minage augmente la rentabilité des infrastructures électriques, permet d’amortir plus vite les investissements réseau, attire des capitaux privés dans la production renouvelable.

Effets observés :

  • baisse du coût marginal de l’électricité,

  • amélioration du taux d’utilisation des centrales,

  • financement de nouvelles capacités renouvelables sans subventions publiques.

En clair : Bitcoin transforme une énergie perdue en revenus, ce qui réduit la pression tarifaire sur les ménages à moyen terme.

8. “Le Proof of Stake (ex: Ethereum) est plus écologique que le Proof of Work” : une affirmation trompeuse

C’est probablement l’argument le plus répété, et aussi l’un des plus mal compris.

Erreur n°1 : comparer uniquement la consommation électrique

Oui le PoS consomme moins d’électricité en apparence.

Mais :

  • PoS ne remplace aucune infrastructure existante,

  • PoS n’élimine pas le système bancaire,

  • PoS ne sécurise pas une monnaie neutre globale.

Il s’agit d’un système financier interne, pas d’une infrastructure monétaire universelle.

Erreur n°2 : ignorer les externalités du PoS

Selon l’analyse de Daniel Batten et des travaux académiques cités dans son fil :

PoS repose sur la concentration du capital, la dépendance à des validateurs institutionnels, la gouvernance opaque et politisable. Il recrée structurellement les rentes, la centralisation, la capture réglementaire.

Résultat :

  • aucune pression pour optimiser l’énergie globale,

  • aucune incitation à utiliser des surplus renouvelables,

  • aucune substitution à des systèmes polluants existants.

Un système « sobre » mais économiquement et écologiquement stérile.

9. Perspective éthique (finance islamique)

Dans une lecture islamique et éthique, la question n’est pas :

“Bitcoin consomme-t-il de l’énergie ?”

Mais :

  • Cette énergie est-elle gaspillée ou utile ?

  • Sert-elle une justice économique ou un système de rente ?

  • Permet-elle de réduire le riba, la prédation monétaire et l’injustice systémique ?

Le système fiat :

  • crée de la monnaie ex nihilo,

  • alimente l’inflation,

  • finance la dette perpétuelle,

  • sans transparence énergétique ni morale.

Bitcoin :

  • impose une contrainte réelle (énergie),

  • rend la création monétaire coûteuse,

  • empêche la manipulation discrétionnaire,

  • réintroduit une forme de discipline économique.

10. Le vrai débat n’est pas “Bitcoin ou climat”

Le vrai débat est :

Quel système monétaire est le moins injuste, le plus transparent, le plus réformable ?

Bitcoin ne prétend pas être parfait. Mais il propose une alternative crédible, mesurable et éthiquement cohérente à un système arrivé à saturation.

Conclusion

Bitcoin consomme de l’énergie. Oui. Mais :

  • moins qu’on ne le prétend,

  • de manière de plus en plus propre,

  • pour résoudre un problème que personne d’autre ne veut résoudre : une monnaie mondiale résistante à l’injustice, à la censure et à la manipulation.

Le débat mérite mieux que des slogans. Il mérite des chiffres, des comparaisons honnêtes et une vision éthique de long terme.

Source : "Common Bitcoin Energy Misconceptions" de Daniel Batten

https://x.com/DSBatten/status/2007466463062270193?s=20

Dar Al Bitcoin © Tous droits réservés

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